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À qui appartient votre site : les quatre clés que vous devez détenir

Nom de domaine, hébergement, comptes d'administration et licences forment quatre titres de propriété distincts. Voici les clauses à demander au devis et les vérifications à mener avant de payer le solde.

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Trousseau de clés posé devant un écran d'administration de site

Le site est livré, la facture est payée, et tout fonctionne. Deux ans plus tard, vous voulez modifier un paragraphe et changer de prestataire. Vous découvrez alors que le nom de domaine est enregistré au nom d'une autre société, que l'hébergement est facturé sur un compte qui n'est pas le vôtre, qu'il n'existe qu'un seul compte d'administration dont l'adresse de récupération appartient à un tiers, et que les photographies du site relèvent d'une licence souscrite par le graphiste. Rien de tout cela ne bloque le fonctionnement du site, mais tout cela bloque vos décisions.

Cette situation reste fréquente en France comme en Suisse, et elle n'a presque jamais pour origine une intention de nuire. Elle vient d'un projet mené vite, où la propriété des comptes n'a jamais figuré dans le devis. Chez nous, la règle est écrite sur la page sites internet : le site est le vôtre, licences comprises, et vous restez libre de changer d'hébergeur comme de prestataire. Cet article décrit ce que cette phrase implique concrètement et ce que vous devez exiger, quel que soit le professionnel qui réalise votre site.

Les quatre titres de propriété qui composent un site

Un site n'est pas un objet unique mais un assemblage de quatre éléments détenus séparément. Le raisonnement le plus utile consiste à les traiter comme quatre coffres distincts, dont vous devez posséder chacune des clés.

  1. Le nom de domaine. La ligne qui compte chez le bureau d'enregistrement est celle du titulaire, parfois appelée propriétaire ou registrant. Figurer comme contact technique ou comme contact de facturation ne suffit pas : seul le titulaire peut autoriser un transfert. L'adresse électronique associée doit être une adresse de votre entreprise, encore valide dans cinq ans, et non l'adresse personnelle d'un salarié.
  2. L'hébergement. Le contrat doit être ouvert au nom de votre société, avec une facture à votre nom et un moyen de paiement qui vous appartient. Cette précaution vous permet de changer de prestataire sans changer de serveur, et de récupérer vos fichiers à tout moment. Le choix du pays d'hébergement reste également le vôtre, sujet que nous traitons dans héberger le site en Suisse ou en France.
  3. Les accès applicatifs. Vous devez disposer d'un compte administrateur nominatif dans le gestionnaire de contenu, et pas d'un compte partagé créé au nom d'une agence. Le même principe s'applique aux outils périphériques : la Search Console, la mesure d'audience, la fiche d'établissement, le service d'envoi des courriels transactionnels.
  4. Les licences et les droits. Le thème, les extensions payantes, les polices de caractères et les photographies sont soumis à des licences nominatives. Une image trouvée dans un moteur de recherche ne constitue pas une licence, et une licence achetée sur le compte personnel d'un intervenant ne vous protège pas.

Le développement sur mesure suit exactement la même logique. Le code source vous appartient, il est déposé sur un dépôt à votre nom, et il n'existe aucun composant dont nous serions les seuls dépositaires.

Comment la dépendance s'installe, sans que personne l'ait voulu

Les mécanismes sont toujours les mêmes, et ils sont d'une grande banalité.

  • Le prestataire enregistre le domaine avec sa propre adresse électronique, parce que c'est plus rapide le jour du lancement. Trois ans plus tard, cette adresse n'existe plus et le formulaire de récupération du bureau d'enregistrement envoie ses courriels dans le vide.
  • Le thème payant est acheté sur le compte du graphiste. Celui-ci change d'employeur, et le site perd l'accès aux mises à jour du thème sans que personne ne s'en aperçoive avant le premier incident.
  • La boutique est créée sous l'identifiant d'un indépendant, avec des applications rattachées à sa carte bancaire. La facturation continue, mais vous ne pouvez ni la modifier ni la reprendre.
  • Les accès au transfert de fichiers sont les mêmes depuis huit ans, transmis par courriel, connus de plusieurs personnes qui ne travaillent plus sur le projet. Un coffre d'équipe résout ce point, comme nous l'expliquons dans un coffre d'équipe pour les mots de passe.

Aucun de ces choix n'est fautif au moment où il est fait. Ils deviennent problématiques lorsque le projet change de mains, ce qui arrive dans la vie normale d'une entreprise. Nous refusons donc de travailler ainsi, y compris quand cela ferait gagner une heure au démarrage.

Clés, nom de domaine et écran d'administration d'un site
Clés, nom de domaine et écran d'administration d'un site

Les clauses à obtenir dans le devis, avant la commande

La propriété se règle beaucoup plus facilement à la commande qu'à la sortie. Trois points suffisent, et ils s'écrivent en quelques lignes dans le devis ou dans les conditions du prestataire.

D'abord, la mention que le nom de domaine et l'hébergement sont ouverts au nom du client, ou transférés à son nom au plus tard à la livraison. Ensuite, la liste des licences utilisées et l'engagement qu'elles sont acquises pour votre société, avec l'indication de leur durée s'il s'agit d'abonnements. Enfin, la description de ce qui vous est remis en fin de projet, y compris pour les éléments qui ne vivent pas dans le gestionnaire de contenu, comme les tâches planifiées, les scripts d'export ou les clés d'interface de programmation.

Un prestataire sérieux accepte ces clauses sans discussion, parce qu'elles ne lui coûtent rien. Elles ne l'empêchent pas de vous facturer son travail, elles l'empêchent seulement de devenir un point de passage obligé.

La liste de contrôle de réception, avant de payer le solde

Le moment le plus efficace pour vérifier la propriété est celui où le solde n'est pas encore réglé. Nous conseillons de valider cinq points, en vous connectant vous-même et non en regardant quelqu'un se connecter.

  • Vous vous authentifiez sur le compte du bureau d'enregistrement et vous lisez votre raison sociale sur la ligne du titulaire.
  • Vous vous authentifiez sur l'espace client de l'hébergeur et vous retrouvez une facture à votre nom.
  • Vous vous connectez au gestionnaire de contenu avec un compte administrateur à votre adresse professionnelle, et vous testez la procédure de réinitialisation du mot de passe.
  • Vous obtenez la liste écrite des licences, avec leur porteur et leur échéance.
  • Vous modifiez vous-même un paragraphe et vous le publiez, puis vous vérifiez que le formulaire de contact vous délivre bien le message.

Si le prestataire actuel refuse de fournir ces éléments, la difficulté n'est plus technique mais contractuelle, et elle se traite avec vos conditions de vente en main. Nous pouvons reprendre un site dont vous détenez déjà les accès, ou vous aider à les récupérer par les voies officielles quand c'est encore possible. Nous n'intervenons jamais sur une interface d'administration sans y être autorisés, et nous décrivons la marche à suivre dans les cas difficiles dans reprendre un site orphelin.

Ce que nous remettons à la livraison

Notre déroulé ne varie pas : brief, création, mise en ligne sur votre hébergement, formation, puis maintenance si vous le souhaitez. La mise en ligne, qui comprend le raccordement du domaine et le certificat, représente une prestation identifiée à 120 HT, offerte lorsque vous souscrivez le contrat annuel. Une base vitrine démarre à 1490 HT, partout en France et en Suisse, à distance.

À la livraison, nous vous remettons les accès et nous conservons de notre côté une copie de travail utile au suivi, jamais une exclusivité. Le contrat de maintenance à 500 HT / an achète le suivi technique, pas le site : vous restez libre de partir, et nous préférons que vous restiez parce que le rapport d'intervention est clair. La formation fait partie de la livraison, et nous considérons qu'un projet n'est pas terminé tant que vous ne savez pas modifier une page sans nous appeler.

Ce qu'il faut retenir

Trois clés déterminent votre autonomie : le nom de domaine à votre nom, l'hébergement à votre nom, et un compte administrateur nominatif dont vous maîtrisez l'adresse de récupération. Le reste se rattrape ; ces trois éléments se rattrapent difficilement. Poser la question au moment du devis coûte quelques minutes, alors que la corriger plus tard coûte parfois un nouveau nom de domaine et une perte de visibilité.

Si vous ne savez pas aujourd'hui qui détient les clés de votre site, décrivez-nous votre situation avec l'adresse du site et le nom du prestataire d'origine. Nous vous indiquerons ce qui se récupère, par quelle voie, et ce qu'il faudra reconstruire.

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