Un client nous écrit trois semaines après la livraison de son nouveau site par un autre prestataire. Le site est plus beau, plus rapide, et le téléphone ne sonne plus. Nous regardons ce que Google connaît de son domaine : une quarantaine d'adresses indexées, dont la page de prestation qui apportait l'essentiel des demandes, toutes répondant désormais une erreur 404. Les anciennes adresses avaient été supprimées avec l'ancien site, sans que personne prévoie de correspondance vers les nouvelles pages. Les brochures imprimées et le code QR du véhicule pointaient eux aussi dans le vide.
Cette situation est la cause la plus fréquente du fameux « on a refait le site et on a disparu ». Elle n'a rien à voir avec la qualité du nouveau contenu, et elle ne se règle pas en écrivant des articles. Elle se prévient avec un travail préparatoire d'une demi-journée à deux jours selon la taille du site, que nous intégrons systématiquement à nos refontes et à notre forfait référencement à **500 HT**. La décision de refondre ou de corriger l'existant se prend en amont, et nous la détaillons dans refondre le site ou le corriger.
Ce que le code 301 annonce, et ce que les autres réponses ne disent pas
Quand un navigateur ou un robot demande une page, le serveur répond avec un code numérique avant d'envoyer le contenu. Ce code n'apparaît pas à l'écran, mais il détermine le comportement du moteur de recherche.
- Le code 301 signifie que la ressource a définitivement changé d'adresse et indique la nouvelle. Le visiteur arrive sur la bonne page sans s'en apercevoir, et le moteur transfère à la nouvelle adresse la valeur accumulée par l'ancienne.
- Les codes 302 et 307 annoncent un déplacement temporaire. Le moteur conserve alors l'ancienne adresse dans son index puisqu'il s'attend à la voir revenir. Utiliser un 302 lors d'une refonte revient à demander à Google de ne pas prendre le changement au sérieux.
- Le code 404 indique que la page est introuvable, sans plus d'explication. Le code 410 précise qu'elle a été volontairement supprimée, ce qui est le bon choix pour une page qui n'a aucun équivalent, par exemple une offre d'emploi pourvue.
- Une page qui répond techniquement avec succès mais qui affiche un message d'erreur produit ce que Google appelle une erreur 404 douce. Le moteur détecte l'anomalie et la signale.
- Une redirection écrite en JavaScript ou avec une balise de rechargement automatique finit parfois par être suivie, mais plus lentement et moins fiablement qu'une réponse serveur. Nous ne les utilisons pas pour une refonte.
Retenez donc une règle simple : pour une refonte, chaque ancienne adresse utile reçoit une réponse 301 vers son équivalent le plus proche, et les autres reçoivent une réponse claire de suppression.
Le tableau des équivalences se construit avant la bascule, pas après
L'erreur d'organisation consiste à couper l'ancien site puis à chercher ce qu'il contenait. Une fois l'hébergement résilié, la liste des adresses devient difficile à reconstituer. Nous rassemblons donc les sources tant que l'ancien site fonctionne.
- Le rapport des pages indexées de Search Console donne la vue de Google, et le rapport des performances révèle celles qui apportaient réellement des visiteurs. C'est la raison pour laquelle nous insistons sur la propriété de cet outil, sujet traité dans posséder Search Console à votre nom.
- Une exploration automatique de l'ancien site produit la liste exhaustive des adresses accessibles, y compris celles qu'aucun menu ne mentionne plus.
- Les statistiques d'audience, quand elles existent, hiérarchisent les pages par nombre de visites sur les douze derniers mois.
- Les journaux du serveur, disponibles chez la plupart des hébergeurs, montrent les adresses réellement demandées, y compris par des visiteurs venus d'un ancien lien ou d'un document imprimé.
- Les documents physiques et les liens externes complètent l'ensemble : plaquette, encart publicitaire, code QR, signature de messagerie, page d'un partenaire.
De cette matière nous tirons un tableau à deux colonnes, l'ancienne adresse et la nouvelle. La correspondance se fait page par page vers le contenu équivalent. Rediriger un ensemble de pages métier vers la page d'accueil est techniquement valide et éditorialement inutile : le visiteur ne retrouve pas ce qu'il cherchait et le moteur reçoit un signal pauvre. Quand aucun équivalent n'existe, nous préférons la page de la prestation la plus proche, et à défaut une suppression assumée.

Les défauts de plan de redirection que nous rencontrons le plus souvent
Sur les refontes que nous reprenons, les mêmes oublis reviennent.
- Les chaînes de redirections s'accumulent au fil des refontes successives, une adresse renvoyant vers une deuxième qui renvoie vers une troisième. Chaque étape ajoute un aller-retour réseau, et une boucle mal écrite rend la page complètement inaccessible.
- Les quatre variantes d'une même adresse sont oubliées. Une page doit être atteignable de façon cohérente avec et sans
www, en HTTP comme en HTTPS, et une seule de ces versions doit être la destination finale. - La barre oblique finale est traitée différemment selon les pages, ce qui crée deux adresses pour un même contenu. Nous fixons une convention unique sur tout le site et nous redirigeons l'autre forme.
- Les fichiers déposés dans la médiathèque sont négligés. Un tarif en PDF partagé par mail depuis des années vit dans
/wp-content/uploads/et disparaît si l'arborescence change. - Le plan du site n'est pas régénéré, si bien que Google continue à demander pendant des semaines des adresses qui n'existent plus.
- Les règles sont posées dans une extension WordPress que quelqu'un désactive un an plus tard en faisant le ménage, et toutes les redirections tombent en même temps.
Le bon endroit pour poser les règles dépend de votre hébergement
Nous privilégions le niveau serveur, parce qu'il répond avant que WordPress ne démarre : la redirection est plus rapide et elle survit à la désactivation d'une extension. Sur un hébergement Apache, les règles vivent dans le fichier .htaccess à la racine. Sur Nginx, elles se déclarent dans la configuration du site, ce qui suppose un accès que tous les hébergements mutualisés n'accordent pas. Certains hébergeurs proposent une interface dédiée, comme nous l'évoquons dans notre pratique de l'hébergement chez Infomaniak.
Une extension de redirection reste acceptable pour les cas ponctuels, par exemple les 404 découvertes après coup, à condition qu'elle soit documentée et qu'une personne sache où elle se trouve. Nous évitons en revanche de répartir les règles entre trois endroits différents, car le diagnostic devient alors impossible.
Notre séquence de bascule et le suivi des semaines suivantes
Nous procédons dans cet ordre, quel que soit le volume. Avant la mise en ligne, nous validons le tableau des équivalences avec vous, puis nous testons chaque règle sur l'environnement de préproduction. Le jour de la bascule, nous vérifions les codes de réponse des adresses les plus importantes, une par une, en contrôlant qu'aucune ne passe par une chaîne. Nous soumettons ensuite le nouveau plan du site dans Search Console.
Le suivi commence là. Nous relisons les erreurs signalées à une semaine, puis à un mois, parce que Google ne redécouvre pas tout le site en une nuit. Les adresses oubliées se révèlent à ce moment et reçoivent leur redirection. Ce suivi fait partie de la maintenance WordPress à **500 HT / an** pour nos clients sous contrat, et il figure explicitement au devis lors d'une refonte hors contrat, afin qu'il ne devienne pas une ligne supplémentaire découverte après coup.
Nous travaillons à distance pour les sites, partout en France et en Suisse. Si vous avez déjà basculé et que vos anciennes adresses répondent une erreur, envoyez-nous la liste des pages concernées. Nous posons les redirections encore possibles et nous vous disons franchement ce qui est récupérable, sans annoncer un retour à la situation antérieure à une date donnée.