Deux situations opposées reviennent chez les entreprises dont nous reprenons le site. Dans la première, un bandeau de cookies s'affiche bien à l'arrivée du visiteur, il propose un bouton de refus, et les scripts de mesure se chargent pourtant avant même que quiconque ait cliqué. Le bandeau existe, mais il ne commande rien. Dans la seconde situation, le prestataire précédent a tout retiré par prudence, si bien que plus aucune donnée n'est collectée. Le dirigeant ne sait alors pas si son formulaire de contact reçoit deux demandes ou quarante par mois, ni d'où viennent ses visiteurs, et il pilote son investissement au ressenti.
Aucune des deux situations n'est satisfaisante. Une vitrine professionnelle a besoin de savoir combien de personnes la consultent, par quel chemin elles arrivent et si elles remplissent le formulaire. Elle n'a pas besoin de transformer chaque visiteur en profil publicitaire exploité par des tiers. Entre ces deux extrêmes, le choix de l'outil et son réglage font toute la différence, et c'est ce que nous cadrons à la création du site, à partir de 900 HT, puis dans la maintenance annuelle à 500 HT / an.
Ce que collectent réellement ces deux outils
Google Analytics dans sa version 4 est un produit publicitaire avant d'être un produit de mesure. Il est conçu pour relier le comportement sur votre site à l'écosystème d'annonces de son éditeur, ce qui explique la richesse de ses fonctions de segmentation et de conversion. Les données sont traitées par une société américaine, sur une infrastructure qu'elle exploite, et l'outil se prête naturellement à des croisements avec d'autres services du même groupe. Pour une entreprise qui achète réellement de la publicité en ligne et qui pilote des campagnes, cette intégration constitue un avantage tangible.
Matomo répond à une logique différente. Vous l'installez soit sur votre propre hébergement, soit sur une offre en mode service hébergée dans l'Union européenne, et les données mesurées vous appartiennent au sens le plus concret : elles se trouvent dans une base que vous contrôlez. La contrepartie tient à l'exploitation, puisqu'une installation auto-hébergée demande des mises à jour et un peu de ressources serveur, et que l'outil ne s'interface pas avec les régies publicitaires.
Il faut ajouter un troisième outil dans le tableau, parce qu'on le confond souvent avec les deux premiers. La Search Console ne mesure pas votre audience : elle vous montre comment le moteur de recherche voit votre site, quelles pages il a indexées et sur quelles requêtes il vous affiche. Elle ne dépose aucun traceur chez vos visiteurs et ne relève donc pas du même débat. Nous expliquons son usage dans notre article consacré à la Search Console, et nous considérons qu'elle est indispensable à toute entreprise, quel que soit son choix de mesure d'audience.
Le consentement, et ce qui distingue un vrai bandeau d'un décor
Le principe technique est simple à énoncer. Si votre outil de mesure dépose un traceur sur le navigateur du visiteur ou transmet des données à un tiers, le script ne doit se charger qu'après une action positive du visiteur. Un bandeau qui affiche un choix mais laisse partir la collecte avant le clic ne remplit pas sa fonction, et c'est de très loin la configuration défectueuse que nous rencontrons le plus souvent. Un refus doit produire un effet observable, et cet effet se vérifie en quelques minutes dans les outils de développement du navigateur.
Certaines configurations de mesure d'audience très limitées peuvent, sous conditions, être dispensées de consentement, notamment lorsque l'outil ne sert qu'à des statistiques internes, sans croisement, sans partage avec un tiers et avec une durée de conservation courte. Ces conditions sont précises et elles évoluent. Nous ne les interprétons pas à votre place : nous vous indiquons ce que la configuration technique permet, et vous faites valider le cadre applicable par votre conseil juridique ou par votre délégué à la protection des données. En Suisse, la logique dominante repose sur la transparence et l'information des personnes concernées, avec un cadre distinct de celui de l'Union européenne. Là encore, la formulation exacte de vos pages relève de votre conseil, et notre article sur les mentions légales et les cookies décrit ce que nous livrons et ce que nous ne livrons pas.
Un point pratique mérite d'être signalé, parce qu'il coûte cher. Un bandeau mal réglé bloque parfois plus que la mesure, jusqu'à empêcher le chargement du formulaire de devis. L'entreprise perd alors des demandes sans le savoir. Nous testons donc le parcours complet dans les deux cas, avec acceptation et avec refus.

Les défauts de configuration que nous constatons en reprenant un site
- Une vitrine locale de dix pages porte cinq scripts de réseaux sociaux et de régies publicitaires, alors que l'entreprise n'a jamais lancé la moindre campagne. Chaque script ralentit le site et alourdit inutilement le sujet du consentement.
- Un gestionnaire de balises a été installé par un intervenant de passage, et plus personne dans l'entreprise ne détient l'accès au compte. Les balises continuent de se déclencher sans que quiconque puisse les retirer.
- Le compte de mesure a été créé sur l'adresse personnelle d'un prestataire. Le jour où la collaboration s'arrête, l'historique est perdu, et cette situation rejoint le problème plus large que nous décrivons dans notre article sur la question de savoir à qui appartient votre site.
- L'outil a été installé correctement, puis plus personne ne l'a consulté pendant deux ans. Une mesure que l'on ne lit pas ne sert à rien.
- Le suivi des envois de formulaire n'a jamais été configuré, si bien que le tableau de bord affiche des visites sans indiquer combien d'entre elles ont produit une demande. C'est pourtant le seul chiffre qui intéresse un dirigeant.
- La multiplication des scripts a dégradé les temps de chargement au point d'affecter l'expérience réelle, sujet que nous détaillons dans notre article sur les Core Web Vitals.
Comment nous choisissons entre les deux outils avec vous
La décision se prend en répondant à une seule question de fond : achetez-vous, ou allez-vous acheter, de la publicité en ligne de façon régulière ? Si la réponse est oui, l'outil de Google se défend, parce que vous aurez besoin de rattacher vos dépenses publicitaires à des conversions, et nous posons alors un consentement qui commande réellement le chargement des scripts. Si la réponse est non, et c'est le cas de la majorité des vitrines que nous livrons, Matomo suffit amplement. Nous l'installons avec une configuration volontairement sobre, l'adresse du visiteur tronquée, aucun partage avec un tiers et une conservation limitée, ce qui simplifie considérablement votre situation vis-à-vis des visiteurs.
Nous ne construisons pas de plan de marquage à quarante événements pour une entreprise de dix personnes. Trois indicateurs suffisent à décider : le nombre de visiteurs, la provenance de ces visiteurs, et le nombre de formulaires envoyés. Ces trois chiffres, lus une fois par mois, permettent de savoir si une page doit être réécrite ou si un canal ne rapporte rien. Un rapport de vingt pages que personne n'ouvre ne remplace pas cette lecture.
Notre méthode pour remettre une mesure d'audience en état
Nous commençons par un inventaire de ce qui se charge réellement sur vos pages, script par script, en distinguant ce que vous avez décidé de ce qui traîne depuis un ancien projet. Nous retirons ensuite tout ce qui ne correspond à aucun usage identifié, puis nous vérifions que chaque compte restant est détenu par votre entreprise, sur une adresse professionnelle qui survivra au départ d'une personne.
Nous installons ou réglons ensuite l'outil retenu, nous vérifions que le refus produit un effet observable, et nous configurons le suivi des envois de formulaire pour que le chiffre utile apparaisse enfin. Un contrôle mensuel entre dans le contrat de maintenance : il consiste à regarder ces indicateurs et à signaler une anomalie, pas à produire un rapport décoratif. La partie technique du référencement représente 500 HT et prépare le terrain, sans se confondre avec une stratégie publicitaire, qui reste votre décision.
Si votre outil de mesure se trouve encore sur l'adresse personnelle d'une ancienne agence, ou si vous soupçonnez que votre bandeau de cookies ne commande rien, envoyez-nous l'adresse de votre site. Nous vous dirons ce qui se charge, dans quel ordre, ce que vous pouvez retirer sans rien perdre, et ce qui doit être validé par votre conseil.